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Gabriel CATTIN

25150 Pont de Roide

gab.cattin@wanadoo.fr

1959 À 2000

ELOGE funèbre de mon frère YVES

 

Nous sommes le 19 décembre 1936. Quelques mois après les fameuses grèves de Printemps. Yves, deuxième fils de Lucien et Gisèle vient au monde. Dès son plus jeune âge il est attiré par le foot où notre père évolue à l’aise au sein de l’U.S.Rudipontaine depuis longtemps. Il fera très vite vibrer la fibre paternelle en se jouant lui aussi du ballon sur des terrains de foot au gazon rare…
Il est d’ailleurs doué pour tous les sports, du football au tennis et au ski… Afin de nourrir son corps d’athlète en gestation, il affiche un appétit redoutable en se goinfrant de régimes de bananes que notre oncle Philippe…murissait dans les hangars de Pomona à Besançon.
C’était pendant les entractes de son dur apprentissage des études secondaires au Collège Saint-Joseph où il nouera de solides amitiés dont le dernier carré est venu ici le voir une dernière fois.
A 20 ans, le service militaire l’entraîne au Maroc d’où il nous adressait des lettres enflammées sur sa nouvelle vie. Il relatait particulièrement le déroulement de matches de foot avec de jeunes équipes marocaines : Il devint titulaire de l’Equipe de France Militaire. C’était évident pour papa qui nous relisait les passages de son courrier avec délectation où il était question de penalty, coups francs, arbitrage litigieux, tendancieux… Mais le soleil et le couscous réjouissaient l’ambiance…
Jusqu’au jour où on l’envoya en Algérie, combattre dans les djebels rocailleux et les oueds épineux, pour chasser des faucons insaisissables, protégés par des sauterelles voilées, dans l’ombre de bleds à souricières. Il en conservera des séquelles, que nul remède ne saurait guérir si ce n’est l’Amour !
Mais ce n’était pas encore l’heure…
A son retour au bercail, un autre sport l’attendait. Il avait de l‘admiration pour son grand frère qui s’était lancé dans une aventure où ses talents de gaucher habile feraient merveille… Ses amis avaient choisi la grande maison Peugeot. Il tenta lui aussi une place au bureau d’études de Pont-de-Roide, ce qui lui permettait d’entretenir parallèlement sa forme pour enrichir ses talents sportifs, car il rêvait d’être footballeur professionnel, ignorant à cette époque, les fortunes que les adeptes médaillés de ce sport, encaissent aujourd’hui !
Un fameux dimanche de 1961 à Besançon, le « TITI » marqua le but victorieux avec l’équipe du Racing Club Franc-Comtois en Division 2 : On lui offre alors un contrat professionnel… qu’il ne signera pas ! Si le même scénario avait eu lieu au Stade Bonal, on peut imaginer qu’il n’aurait sans doute pas résisté à la pression paternelle qui vibrait violemment aux coups de sifflets des arbitres comme aux ratés des joueurs de l’Union Sportive Rudipontaine.
Pour moi, il avait fait le bon choix. J’avais besoin de lui. Il me rejoignait dans l’aventure naissante de Cattinair. Il entraînait avec lui des rescapés de l’Atlas. Ses qualités physiques et humaines ont soudé les équipes et enthousiasmé les hommes. Le service Montage deviendra le fer de lance de la société. En 1966 il se marie et acquière de l’assurance en prenant en charge le Service Après-Vente, antichambre du service commercial. Sa parfaite connaissance des chantiers et le bon accueil des clients satisfaits de nos services lui permirent rapidement d’assumer la charge de vendeur. Dans l’Est d’abord notre secteur de prédilection, puis sur la France avec la création d’agences. Enfin Cattinair se développe à l’étranger : il affronte avec nos monteurs le gel et les geôles polonaises, la neige au Québec, la mousson en Océanie…
Des aventures dans lesquelles il invitera de temps à autre son épouse Clairette pour la consoler de la solitude qu’il lui impose trop souvent.
Elle-même sera le point d’équilibre dont il a besoin : Elle lui apportera un amour sans faille et la dose d’optimisme nécessaire à ce rudipontain au tempérament plutôt  casanier. Elle montrera aussi beaucoup d’affection et l’autorité utile pour gérer 2 garçons dynamiques mais turbulents et une fille adorable naturellement : une perle rare aux yeux de son père ! Car nos deux garnements rivalisaient d’imagination pour inonder la moquette, défoncer la cloison ou bosseler la voiturette dans la rue de Besançon.
En 2001 après tant de nombreux voyages, Yves et Clairette plantèrent leur tente, sur la colline d’Ecot, face à ligne bleue des Vosges ! Ils pensaient y apprécier une juste retraite et y accueillir leurs enfants émigrés en Amérique et en Orient.
Hélas… un destin jaloux d’avoir accordé tant de privilèges, fit pleurer la tribu avec un terrible accident cérébral inattendu.
Comme un goéland rongé par un sournois rapace, Yves perdit entre autres l’usage du ballon. Mouette exemplaire déployant ses ailes protectrices contre ce mauvais sort, Clairette fut, plus que jamais, son irremplaçable réconfort.
En ce jour, près de 14 ans plus tard, une rechute vient de lui être fatale. Pour assister à son dernier envol, vous ses amis de Pont de Roide, de Saint-Jo, des Aurès et surtout la grande famille « Cattinair » qui êtes venus nombreux, on vous remercie chaleureusement.

ADIEU YVES mon frère !

A Nous la souffrance et la quête incessante du bonheur, de l’Amour, de la Paix sur la terre.

A TOI le silence et le repos éternels… au Ciel !

GABRIEL                        

En l’église de Pont de Roide le 28 février 2018
 

 

 

Gabriel CATTIN - @mail : gab.cattin@wanadoo.fr

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